Chapitre 5 – Communication

Un Président nomade chez Léo Burnett

Pour parler de communication en entreprise, nous avons rencontré Jean-Paul Brunier, Président de Léo Burnett France. Il nous reçoit à l’étage Création de l’agence. Il nous accueille en nous expliquant : « Je passe une semaine par mois dans chaque département de l’agence. Ceci me permet d’être en prise avec la réalité de chacun d’eux… Je n’ai pas de bureau présidentiel au dernier étage ».
Une interview conviviale a donc lieu dans une salle de réunion ouverte aux quatre vents. Pour une agence de communication, c’est plutôt bon signe !

Alors, la communication peut-elle être facteur d’envie en entreprise ?

Un flux à deux courants

Dans le processus de communication, deux flux d’informations circulent :
– Le chaud pour toute la dimension relationnelle qui inclut l’émotionnel et l’inconscient.
– Le froid pour la dimension « outil de transmission d’informations » que la communication peut revêtir. Les nouvelles technologies se taillent la part du lion dans ce domaine.

Ces deux aspects de la communication sont facteurs d’envie puisqu’ils répondent chacun à trois des besoins fondamentaux de l’individu :
le besoin d’appartenance en créant du lien
le besoin d’estime de soi en se valorisant
le besoin d’épanouissement personnel favorisé par l’accès à l’information.

Répondre à ces besoins par tous les moyens de communication à notre disposition, adapter ces moyens à notre personnalité et à notre entourage est un moteur d’envie dans la vie comme dans l’entreprise.
En cela, Jean-Paul Brunier rejoint les spécialistes et managers que nous avons rencontrés : en période faste, et davantage encore en période de crise, la communication est une source d’envie et de mobilisation évidente. Elle est également une réponse prioritaire aux questions de souffrance au travail et de démotivation.

Souffler le chaud et le froid, pour une fois, ça marche !

La communication, qu’elle soit informative ou relationnelle, est la meilleure arme contre le doute, la peur, le manque de confiance, la frustration et donc, la démotivation : certains cas de « burn out », voire de suicides en entreprise, sont liés à l’isolement, au manque de considération de l’individu, qui viennent souvent s’ajouter à un changement brutal de situation ou à des conditions de travail devenues insupportables.

Dans les périodes délicates, pourtant, le manager est bien en peine d’actionner le levier de motivation classique : les salaires. Pour lutter contre la rumeur, gérer l’incertitude et motiver ses collaborateurs dans l’adversité, il peut avoir plus que jamais recours à la communication : revisiter l’adage « l’information, c’est le pouvoir » et traiter ses collaborateurs comme des interlocuteurs responsables.

Dans un monde où l’information est de plus en plus accessible et les moyens de communication de plus en plus nombreux, priver l’entreprise d’une bonne communication c’est la priver du flux vital et nourricier qui l’alimente en énergie. La communication joue le rôle de l’eau, de la sève ou de l’oxygène qui doivent circuler dans tout organisme vivant.

Elle est le fluide indispensable à la mise en dynamique de l’ensemble du système managérial : décider, organiser, animer, gérer et communiquer. Ces missions ne sont-elles pas le fondement du management par objectifs sur lequel fonctionnent 90% des entreprises françaises ?

Savoir manier astucieusement la forme et le fond est tout un art, qui se pratique à deux ou à plusieurs, et avec de nouvelles règles et de nouveaux instruments qui supplantent de loin la bonne vieille pause café …

Dirigeants, avez-vous 25% de votre temps à consacrer à la communication ?

« Les ordinateurs de bureau présentent d’intéressantes possibilités de communication professionnelle. Vous pouvez coller des « Post-it » au bord de l’écran. » Dave Barry – Extrait des Chroniques déjantées d’Internet

Selon Chester Barnard , la communication requiert 25% du temps du dirigeant. Voici quelques façons d’utiliser au mieux un quart de votre précieux temps :

  • Aider à comprendre pour réduire les inquiétudes : faire preuve de transparence dans la diffusion de l’information sur les résultats, l’activité et la stratégie de l’entreprise…
  • Informer de façon rapide et en face à face, c’est la clé du management relationnel. Ne pas hésiter à proposer des demi-journées portes ouvertes ou des entretiens individuels sur site, pour expliquer le changement ou répondre aux questionnements.
  • Ne pas attendre d’avoir quelque chose d’important à dire pour communiquer. Les longs silences laissent le champ libre aux interprétations, aux élucubrations, et le manager peut devenir lui-même un sujet de rumeur. Montrer ainsi « qu’il y a un pilote dans l’avion »…
  • Pour certaines informations stratégiques, la réunion mensuelle de l’ensemble des collaborateurs a un pouvoir fédérateur et mobilisateur unique.
  • Partager les bonnes nouvelles, ne pas les réserver uniquement à la garde rapprochée du dirigeant. Un mail peut parfaitement faire l’affaire.
  • Témoigner de l’attention : quand les signes de reconnaissance ne se retrouvent pas sur la fiche de paie, des commentaires réguliers sur la qualité du travail ou sur les qualités de la personne, connues ou nouvellement acquises, sont bienvenus.
  • Valoriser les efforts autant si ce n’est plus que les résultats. Eric Robineau. Directeur du réseau MMA Cap, le confirme : « Le déploiement d’une stratégie de moyens pour atteindre l’objectif, a autant de valeur que l’atteinte de l’objectif lui-même. Tout du moins dans le processus que la personne met en œuvre ».
* Documentation : Enjeux Les Echos – Février 2009 « Manager dans la tourmente » Lucie Delaporte et Lionel Steinmann.

Leader charismatique ou handicapé de la com ?

On communique d’autant mieux que l’on sait ce que l’autre attend ou ce dont il a besoin. Et surtout, ce qu’on a à dire, on le sait déjà, alors que ce que l’autre a à nous dire, on ne le sait pas encore. Alors, prendre le temps d’écouter, permettre au flux de circuler dans les deux sens…

Les marques qui communiquent ont bien compris qu’il fallait d’abord interroger et écouter le consommateur pour pouvoir lui proposer le produit ou le service qui répondra le mieux à ses attentes.

Alors, finalement, si on restaurait la bonne vielle pause café, la vraie, même sans tabac ? N’est-ce pas le lieu idéal pour échanger des informations, parler du travail, de ses problèmes, des plaisirs, des envies, des copains et surtout des chefs ? C’est surtout un espace temps où tous les échelons peuvent se rencontrer. Parce que tout simplement c’est une pause, que le rythme de l’entreprise n’autorise plus ces pauses et que le téléphone portable ou le smart phone s’y invitent plus qu’à leur tour…
Communiquer harmonieusement et de façon écologique entre collègues et avec ses collaborateurs relève d’un art qui n’est pas toujours inné. Et vous, vous êtes plutôt leader charismatique ou handicapé de la communication ? Il n’est jamais trop tard pour développer son potentiel de communicant et celui de ses équipes. La page de publicité faisant partie de la communication : des formations ou du coaching individuel ou d’équipe, comme en propose Souriez vous managez® sont parfaitement indiquées pour faire de la communication un facteur de motivation et de cohésion.

Comment lui dire ?

Un hommage personnel d’Anna à Jean Pierre Noé, psychothérapeute, consultant, formateur qui était son référent lors de sa formation à l’Analyse Transactionnelle.
A la question :

« Mais, comment lui dire ? »

Il répondait toujours :

« Avec la bouche… »

Faites de votre entreprise une ruche où les abeilles dansent

« Lorsque les ouvrières reviennent de leurs expéditions et qu’elles ont réussi à trouver de la nourriture, elles se mettent à danser. Les équipes qui marchent bien s’amusent. Danser est une activité ludique, de célébration, de bonheur. Etre membre d’une équipe donne beaucoup de satisfaction et il est agréable d’exprimer ouvertement son enthousiasme et sa joie en accomplissant son travail. Chaque fois que les ouvrières rentrent d’expéditions, elles font une ‘réunion’ pour raconter leur réussite. La fréquence et la régularité des réunions jouent un rôle crucial dans le succès des équipes.

Les équipes ne connaîtront pas le succès sans une bonne communication ouverte qui fait naître et maintient la confiance. Les équipes ont besoin d’avoir accès à l’information pour que leurs membres puissent s’en tirer seuls. Les membres d’une équipe doivent s’écouter les uns les autres, se rencontrer physiquement et se tenir au courant des derniers développements de leurs tâches.
Après les réunions, les abeilles sortent ensemble pour aller chercher la nourriture. Avec des équipes efficaces, le travail est fait ! »

Extrait de « Le modèle de la ruche pour la formation d’équipe » par Chiku Malunga.
Chiku Malunga est conseiller et travaille pour le développement rural et le renforcement des capacités des ONG pour le compte de CABUNGO, PO Box 1535, Blantyre.

Pin It on Pinterest