Chapitre 4 – Humanisme

L’humanisme désigne toute pensée qui met au premier plan de ses préoccupations le développement des qualités essentielles de l’être humain.

« Bruno Saint-Cast, ex-patron de Salesforce.com en France, s’en souvient encore. Un jour, dans le cadre de ses activités au sein de l’association Mécénat Chirurgie cardiaque, il a contacté Marc Benioff, son PDG, pour lui demander de l’aide. Il voulait obtenir un visa pour deux enfants qui avaient besoin d’être opérés d’urgence du cœur.
« Marc a remué ciel et terre, et ils ont été sauvés. On partage ça ensemble, affirme-t-il. Et pourtant, si demain il y a des restructurations, cela ne l’empêchera pas de me virer ! »
Bruno Saint-Cast en est convaincu : « Plus on aide les gens à avancer, plus on peut être exigeant avec eux. »

Après des siècles de foi aveugle et d’obscurantisme, la Renaissance européenne du 16° siècle replace l’Homme au centre de l’univers. L’Homme, est considéré en possession de capacités intellectuelles potentiellement illimitées. Les notions de « création de soi par soi, d’autodétermination et de liberté » sont centrales dans la pensée humaniste, portée notamment par Rabelais et Pic de la Mirandole…à la redécouverte des auteurs antiques. Etre humaniste c’est donc regarder la personne comme une fin et jamais comme un moyen.

Quelle place pour la pensée humaniste en entreprise aujourd’hui ?

Etre humaniste c’est regarder la personne comme une fin, jamais comme un moyen. En entreprise, adopter une éthique humaniste, c’est respecter et développer le capital humain. Considérer la personne en tant que sujet de son propre épanouissement plutôt que simple objet de production, est la base d’un développement humain durable de l’entreprise. Dans la pratique, c’est élever le métier de manager au rang de développeur d’hommes à tous les niveaux de l’organisation. Ainsi peut on qualifier de managers-coach les dirigeants ou collaborateurs qui entraînent leurs équipes vers le succès en étant attentifs au développement personnel de chaque individu.

Apparue dans les années 1960, la psychologie humaniste préfigure les pratiques axées sur l’épanouissement de l’individu. Son mot d’ordre : positiver. Le premier grand nom qui y est attaché est celui d’Abraham Maslow célèbre pour sa pyramide des besoins : besoins vitaux, besoin de sécurité, besoins sociaux, besoin d’estime et besoin d’accomplissement. Selon Maslow, on ne peut vraiment prétendre à la satisfaction d’un nouveau besoin que lorsque les précédents sont déjà comblés. Si l’assouvissement des plus élémentaires évite la névrose, celui des plus complexes a pour résultat l’épanouissement personnel.

Plusieurs écoles de pensées, d’abord destinées à la psychothérapie succèdent à Maslow : l’Approche Centrée sur la Personne de Rogers, l’Analyse Transactionnelle d’Eric Berne, l’Hypnose de Milton Erickson, la Programmation Neuro Linguistique de John Grinder et Richard Blander… Tout comme les théories de Maslow, ces techniques sont ensuite déclinées en entreprise où le développement personnel fait une entrée massive par le biais de la formation, du coaching et des ressources humaines.

La psychologie humaniste prend désormais des couleurs de développement personnel et ouvre la porte au Management Humaniste. Porteur de sens et de valeurs, il répond aux besoins fondamentaux de l’individu et devient naturellement source d’envie pour les collaborateurs.

Management humaniste, mode d’emploi !

S’appuyer sur quatre principes fondamentaux :

Le principe d’autonomie

Le travail doit s’accompagner d’une zone d’autonomie pour le salarié afin de lui permettre d’exprimer sa personnalité et d’éprouver sa liberté. Concrètement, cela signifie qu’il doit pouvoir, dans une certaine mesure, personnaliser son action et y inscrire une trace de sa spécificité. D’autre part, il doit pouvoir prendre des initiatives, réaliser des choix et participer à la détermination des objectifs et des moyens, afin de se sentir responsable et auteur de sa tâche.

Le principe de compétences

Le travail doit offrir la possibilité au salarié d’exprimer les talents et qualités qu’il sent détenir en lui, de relever des challenges stimulants et d’affirmer ses compétences. Lui permettre de croire en ses compétences, de les développer ou d’en découvrir de nouvelles serait un plus…

Le principe de reconnaissance et d’écoute

La situation de travail doit permettre à la personne de se sentir reconnue « à sa juste valeur » et dans sa singularité. Ecoute, compréhension et confiance sont des pré-requis évidents de la relation.

Le principe de respect de la logique d’autodétermination

Il s’agit de lutter contre les discriminations lors du recrutement et au cours de l’activité, de protéger la vie personnelle des employés et l’ensemble des libertés individuelles et collectives reconnues aux salariés. Il s’agit d’instaurer et de respecter une réelle diversité.

Susciter l’envie en entreprise, c’est possible ?

Susciter l’envie en favorisant l’épanouissement personnel et la fibre humaniste des salariés, c’est possible ! Ainsi, au delà du socle philosophique de ce type de management, il existe de nombreuses applications concrètes en entreprise. Elles peuvent se mettre en œuvre autour de trois axes.

Favoriser le développement des initiatives humanitaires, sociétales ou associatives les plus mobilisatrices

L’exemple d’Altavia (Groupe international de Publishing Services)

Mener un chantier transversal dans l’entreprise, en impliquant concrètement chaque chef de département et son équipe, avec des mises en avant des initiatives par leurs auteurs. C’est aujourd’hui chez Altavia une réalité avec le Mécénat de l’Association Planet Finances, actrice du micro crédit en France présidée par Jacques Attali. Pour Gilles Maurrisset, directeur du développement, cette action est un véritable moteur d’envie.

L’exemple de GRC, éditeur de logiciels
Chez l’éditeur de logiciel de GRC, les contraintes économiques ne font pas oublier l’humain. Chaque collaborateur peut consacrer 1 % de son temps à la fondation maison. Celle-ci vise à créer une société où tous les enfants auront accès aux technologies pour améliorer leur vie. Le mélange des genres peut surprendre. Mais, ici, on considère que la réussite personnelle ne passe pas uniquement par le travail.

Ouvrir l’entreprise au développement personnel

Quelques idées d’envie@work
– Intégrer ou augmenter, dans son budget formation, la part destinée aux formations au management et au développement personnel ; délégation, connaissance de soi, intelligence émotionnelle, efficacité relationnelle, communication interpersonnelle, etc… Cette pratique ne concerne pas seulement les cadres, elle peut être étendue à toutes catégories de personnel notamment en utilisant le DIF à cet usage. Il serait souhaitable que les TPE et PME intègrent d’avantage ces formations dans leur culture.

– Proposer le « ticket psy » en entreprise. Le principe est le même que celui des tickets restaurant, si ce n’est que le ticket concerne …un nombre de séances chez un psy auquel le salarié a accès de façon totalement anonyme et confidentielle… Elles sont prescrites par le médecin du travail entièrement prises en charge par l’entreprise (90 euros la séance). Le salarié commence par 5 tickets, 5 séances qui peuvent être un tremplin pour une psychothérapie au plus long cours.

– Décliner cette pratique en « tickets coaching » : Nous avons utilisé ce principe pour coacher les managers d’un groupe de communication de façon ludique et parfaitement adaptée à l’une de leurs activités : le couponing.

– Autre variante, le café coaching : Innover en proposant, en support des RH, l’animation d’un « café coaching » sous forme de permanence hebdomadaire et conviviale destinée à l’écoute et l’accompagnement individuel des collaborateurs, avec ou sans rendez vous.

Pratiquer un management situationnel

Tour à tour directif, persuasif, participatif, délégatif, selon ce type de management tient compte des situations, de l’environnement et des personnes. De plus, en favorisant l’autonomie et la performance des individus et des groupes, ce type de management contribue à la performance d’ensemble du service et de l’entreprise.

Reconnaissance, autonomie, responsabilité et diversité, sont les maîtres mots d’un management humaniste. Pratiquer un management situationnel est la voie royale pour accéder à ce type de management, générateur d’envie pour l’ensemble des collaborateurs.

Le management situationnel expliqué par un chat

Tu veux te faire directive

Cette façon de faire convient pour les chatons inexpérimentés. Le chaton a besoin d’une attention de tous les instants et d’un dressage qui lui apprend où sont ses repères.

Tu veux te faire persuasive

Mes miaulements t’indiffèrent. Tu me laisses peu de champ libre parce que tu me crois encore fragile pour affronter le monde extérieur. Tu m’expliques les choses sans arrêt et tu t’assures que j’ai bien compris

Tu veux te faire participative

Mon poil a pris du volume. Tu partages les décisions avec moi et tu me laisses de plus en plus taquiner seul les souris de la maison. L’ambiance de nos échanges est conviviale. Tu me permets dans certaines limites de montrer mes griffes.

Tu veux te faire délégative

Je suis un matou. Félin, aristocratique, posé sur la hauteur souveraine d’un buffet en ébène. Je suis autonome. Je prends mes décisions tout seul et t’en informe ensuite. Tu fixes des missions générales. J’imagine les propositions pour les réaliser.
Nous nous voyons de loin en loin…une vraie vie de chat !

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