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Le jeu libère le je

Photo by Jon Tyson pour le je de photolangage HUMAN

« Quand je joue, je suis super compétitif ! ».

« Quand je joue, je suis comme un enfant »

« C’est vrai que je triche un peu quand je joue »

Chez nombre d’entre nous, le jeu révèle un aspect de nous-même qui est plus présent à ce moment … ou moins présent dans la vie quotidienne. Le jeu est une lentille grossissante qui révèle et réveille le Je.

Le jeu révèle le je

 

Vous l’avez constaté comme moi, les jeux sont parfaits pour révéler :

  • notre rapport à l’autorité ou à la règle : nous avons tous en tête les réactions de footballeurs ou tennismen célèbres à la suite d’un carton rouge ou d’un arbitrage en leur défaveur.
  • Notre souci de gagner ainsi que notre rapport à l’argent qui se manifeste dès l’enfance lors des tractations autour de la vente et de l’échange de Pokémon, de billes ou de tout autre fétiche des cours de récréation ; idem dans les parties de Monopoly ou, plus tard lors des parties de poker ou des jeux au casino.
  • Koh Lanta et les autres jeux outdoor de même acabit challengent nos limites physiques, comme la résistance à rester sur une jambe posée sur un pieu dans l’eau !

 

En creusant davantage, j’observe que le jeu nous enseigne sur notre façon même d’appréhender le monde. C’est le fameux VAKOG, un acronyme pour Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif et Gustatif qui est utilisé dans le domaine de la PNL pour désigner les canaux sensoriels. Et toutes sortes de jeux vidéo, audio, sportifs, ou télévisuels comme Top chef et autres jeux autour de la cuisine ou de la pâtisserie, très à la mode en ce moment, révèlent comment certains canaux sont grands ouverts chez chacun de nous et d’autres moins…

Enfin, pour les accompagnants que nous sommes, le jeu révèle l’équilibre singulier entre nos instances psychiques. Ainsi, suivant l’analyse transactionnelle, le jeu illustrera quel état du moi est le plus présent à ce moment (le parent persécuteur, le sauveur, l’adulte, l’enfant rebelle ou l’enfant soumis). Et, pour les jeux collectifs, quels sont les  jeux psychologiques entre acteurs : transactions complémentaires, croisées, cachées, ou à double fond.

Avec le prisme du Dialogue Intérieur jungien, nos comportements lors du jeu indiquent quelle sous-personnalité est la manœuvre : le juge, le contrôlant, le combattant… ?

Ou encore quel archétype domine : l’animus domine-t-il l’anima ou est-ce l’inverse ?

Quelle énergie archétypale est alors aux commandes ? Est-ce le candide, le ou la guerrière, l’expert, le contrôleur, le protecteur, le pionnier, le diplomate…

En termes freudiens :  qui prend le pas quand je joue ? Est-ce le surmoi (le respect des règles), le moi conscient ou le ça de mes pulsions profondes ?

Bref, le jeu est un miroir grossissant de nos forces et de nos travers qui permet au moi conscient de se voir en action. Tout dépend bien sûr de la capacité réflexive de ce dernier, du désir et de la volonté du moi de s’observer en action, de son entraînement et de son habitude à le faire.

Et comme l’on sait que l’auto-analyse n’est pas le sport le plus pratiqué, il est alors utile qu’un accompagnant se serve du miroir empathique et décalé qu’est le jeu pour servir le je et pour le réveiller.

 

 

Le jeu réveille le je

 

En tant que coach, il ne m’importe pas seulement de développer chez le coaché la conscience de soi. J’ai aussi à cœur de réveiller les parties cachées ou inhibées qui limitent l’action de celui-ci.

Beaucoup de jeux réveillent les potentiels du je. Ils réveillent en particulier :

  • notre potentiel créatif : ne dit-on pas qu’on joue une pièce de théâtre, qu’on joue du piano, du saxo ou du banjo ?)
  • Notre débrouillardise : comme le font les escape games, à la mode en ce moment.
  • Notre agilité intellectuelle : comme le jeu des chiffres et des lettres, le scrabble et une multitude d’autres avatars.
  • Notre mémoire : tous les jeux qui font appel à la culture et aux connaissances : le succès planétaire du Trivial Pursuit atteste du plaisir que nous avons à nous tester et à stimuler nos neurones.
  • Nos capacités relationnelles, managériales ou d’expression orale avec les jeux inventés par les consultants en formation-action : jeu du prisonnier, jeu de la délégation manquante, jeu du désert Simpson, etc.

 

Avec le jeu, nous pouvons recréer toutes les situations possibles de la vie professionnelle ou personnelle pour éveiller le je. Nous le faisons toujours avec un pas de côté par rapport à la réalité, en la transposant (comme le fait l’humour de façon comparable). En procédant de cette manière, le jeu permet un recadrage de sens ou de situation. C’est exactement ce que fait le coach pour aider le coaché à dépasser les représentations qui inhibent ses potentiels.

C’est pourquoi le jeu est le meilleur allié du coach, du pédagogue et du psychothérapeute.
Les coachs l’ont bien compris et sont les utilisateurs  les plus avisés de nos jeux de cartes projectives, mais aussi des figurines, playmobiles et autres dessins systémiques.

 

En conclusion

Le jeu n’est pas seulement utile pour nous distraire, mais aussi pour faire le chemin inverse, c’est à dire pour nous ramener à nous-même. Le jeu renverse ainsi la notion même de divertissement pascalien, lequel est censé nous éloigner de nous-même ; il s’élève au statut d’outil spéculaire d’auto-coaching qui nous permet d’élever notre niveau de conscience.

 

Anna Edery

Arnaud Constancias : son profil complet

 

Arnaud accompagne les acteurs de l’entreprise dans l’actualisation de leurs potentiels, pour leur permettre d’être plus efficaces et de mieux vivre leurs relations et leur quotidien professionnel. Son approche est centrée sur la consciencele discernement, et la connaissance de soi et vise à des résultats concrets.


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