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L’entreprise peut-elle se passer de celui, celle ou ceux qui donnent les directives, instaurent la stratégie d’entreprise et dirigent les projets ? Gabe Neuvell, transfuge de Microsoft et fondateur de Valve Corporation, développement de jeux vidéo, a su mettre en place une organisation où personne ne dirige personne.  Résultat : l’employé roi est plus motivé, plus flexible, plus créatif et la productivité et le moral sont au beau fixe.
Les secrets de Gabe Neuvell pour une rentabilité par employé “plus haute que Google, Amazon, ou Microsoft !” :

Pas de patron, pas de hiérarchie : une organisation par projets

Dès sa création en 1996, pas de patron ni de directeur est la philosophie de Valve. Ce sont les 300 collaborateurs qui prennent toutes les décisions et gèrent les projets. Aucune équipe n’est préalablement constituée, toutes s’organisent autour d’un projet, non d’un chef. Chaque salarié est force de proposition et doit convaincre ses collègues de le choisir par vote.

Ainsi émergent des leaders naturels qui prennent spontanément le lead en fonction de leur affinité ou de leurs compétences par rapport au projet. Et si personne ne prend la tête du projet ? C’est signe qu’il n’en vaut pas la peine. Un tel management plat permet à l’entreprise de rester innovante en utilisant des idées qui viennent de tous les collaborateurs.

Les collaborateurs déterminent les salaires et le recrutement

Les employés votent régulièrement les salaires de chacun selon sa performance, sa créativité, sa capacité d’innovation. Les primes et les plus hauts revenus sont indexés sur un classement individuel des salariés, avec un système de notes décernées par les employés eux mêmes.

Le recrutement de collaborateurs motivés et le renvoi d’employés démotivés sont aussi des décisions collectives.

Les employés fixent leurs heures de travail

Valve reconnaît que cela peut permettre à certains de rester “planqués” un certain temps, car “dénoncer” un collègue s’avère risqué, puisqu’il a son mot à dire sur les salaires. Du coup, pas de place pour les rivalités et chacun tend à maximiser sa productivité.

L’agilité, la mobilité et le dynamisme matérialisés dans le mobilier

Dans l’immense open space, les bureaux sont montés sur roulettes, ce qui favorise la constitution des équipes en fonction des projets, les collaborations ponctuelles, les discussions.

Un état d’esprit porteur

Puisqu’il n’y a pas de patron, il faut bien que les employés soient motivés par eux-mêmes. Valve revendique 300 salariés très heureux de travailler dans une bonne ambiance. “En 17 ans, les rares employés à avoir quitté Valve l’ont fait pour des raisons personnelles”, affirme Gabe Neuvell.

Ce que confirme le site Glassdoor, qui recense des témoignages d’employés : Valve est l’entreprise du secteur jeux vidéos la mieux notée par ses salariés.

Et vous, dirigeant, êtes-vous prêt à reprendre place dans l’open space ?

Mesurez d’abord les risques ! Valve ne dépend pas d’investisseurs externes, ce qui la laisse libre de ses agissements. De plus, sa structure ne lui a pas été imposée après coup : elle est née avec l’entreprise. Et puis, un tel système “démocratique” conviendra-t-il à ceux de vos collaborateurs (on n’ose plus dire “employés” à ce stade) qui ont besoin d’un cadre plus classique pour être performant.

En attendant, Valve, pionnière du modèle gagnant “moins de pression, plus de productivité”, fait des émules dans la Silicon Valley, l’entreprise est sur le point d’être rachetée par le géant Electronic Arts et Gabe Newell s’offre une entrée spectaculaire dans le cercle très fermé des milliardaires, une première pour un acteur de l’industrie vidéoludique !

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