3 idées pour logo Souriez Vous Managez

Par Anna Edery

crédit photo : Courtney Hedger sur Unsplash

 

Nombreux sont les managers qui ne font pas de compliments, considérant que « quand c’est bien, c’est juste normal ». Pourtant, la reconnaissance est la nourriture la plus précieuse des relations humaines, personnelles comme professionnelles. Le signe de reconnaissance, également appelé caresse psychologique ou stroke, est un message que j’envoie à l’autre pour lui signifier que, pour moi, il existe. Ces signes sont aussi nécessaires au développement de la personne que la satisfaction des besoins physiologiques. Il suffit de voir le pincement que l’on ressent quand on ne nous rend pas notre bonjour ou qu’on ne nous dit pas merci… La plupart des gens vivent avec un régime déficient en strokes (stimuli, unité d’attention) qui les affame, et consacrent beaucoup d’énergie et de temps à assouvir cette faim. Ce besoin primaire est source d’estime de soi quand il est assouvi et de manque de confiance en soi quand il est ignoré. Puissant outil de motivation en entreprise, il donne envie de faire, et de faire encore mieux.

1. Tout, sauf l’indifférence

 

Pour que les collaborateurs se sentent ignorés, ce n’est pas compliqué, il suffit de ne rien faire :

  • Pas d’entretien individuels pour féliciter ou encourager : « ce que je pense de lui, il le sait, on se voit tous les jours… »
  • Pas d’entretiens ponctuels, juste pour faire le point : « je n’y pense pas, il/elle n’a qu’à me le demander… »
  • Pas de déjeuner d’équipe : « pas le temps, ils sont bien plus à l’aise entre eux… »
  • Pas de réunion d’information : « il y a le réseau interne et radio moquette…et ils ont reçu un mail en début d’année »
  • Pas de convention : « c’est la crise… »
  • Pas de formation : « pour ce qu’ils en gardent… »
  • Pas de coaching : « on n’est pas des sportifs ! »

 

Bref, on bosse, on remplit nos objectifs et ça roule !

« Les états d’âme, au vestiaire et puis, il y a une DRH, un CE, et la communication interne. Chacun son boulot ! »

« Si je dis trop que c’est bien, ils vont prendre la grosse tête ! Si je ne dis rien, c’est que ça va. Mais si ça ne va pas, là, on m’entend !»

Mieux vaut un signe de reconnaissance négatif que pas de signe du tout. Un adulte qui se sent mis à l’écart dans son travail, peut mettre en place des stratégies plus ou moins conscientes pour se faire remarquer. Il fait des erreurs, arrive en retard, rate une présentation, s’absente… Un signe de reconnaissance, même négatif, est un signe d’intérêt pour faire progresser la personne, s’il est formulé de façon constructive.

 

2. Décodez le langage des signes de reconnaissance

 

Il n’y a pas de bon ou de mauvais signe de reconnaissance. Les strokes ont leur langage qu’il faut apprendre à décoder :

  • Verbal ou non verbal : un bonjour ou un clin d’œil
  • Positif ou négatif : un compliment ou une critique
  • Conditionnel : factuel, précis et circonstancié, il concerne le “faire” : “ton rapport est excellent” ou “ton gâteau n’est pas une réussite“
  • Inconditionnel : relatif à l’être, la personne dans sa globalité : “je t’aime“, ou “je ne peux pas te sentir“
  • Obtenu par une demande directe ”que penses-tu de…“ ou indirecte “j’aurais bien besoin d’un coup de main, mais je sais que personne n’a le temps…“
  • Maladroit : “ton rapport est aussi bon que celui de Frédéric“
  • Filtré par son destinataire : “bravo pour ce tableau, vraiment très clair et aidant”, “Oh, c’est trois fois rien, je l’ai fait en dix minutes“.

 

Ce dernier exemple montre à quel point un signe de reconnaissance peut être aussi difficile à recevoir qu’à donner…

Notre capacité à donner ou recevoir des strokes est évidemment liée à l’apprentissage que nous en avons reçu étant enfants. Etions-nous chouchoutés, félicités, encouragés, complimentés ? Notre narcissisme a-t-il été suffisamment éprouvé à accepter les compliments sans chichis, sans dévalorisation ? Avons-nous, en conséquence, eu nous-mêmes envie de donner des strokes, en toute authenticité ?

 

3. Usez sans modération d’un levier de motivation qui ne coûte rien !

 

Il est aussi important de féliciter quelqu’un que de marquer son désaccord ou critiquer. Alors, donnez des signes de reconnaissance sans compter car :

  • cela ne coûte rien de faire plaisir
  • donner, offrir nous fait du bien aussi
  • le stock est inépuisable
  • le retour sur investissement est immédiat

 

Si la reconnaissance par le salaire suffisait à mobiliser les troupes, ça se saurait aussi ! 
Il faut donc se rendre à l’évidence : pour maintenir la motivation de ses collaborateurs ou les remotiver après un coup dur, pour entretenir l’esprit d’équipe et la cohésion, pour fidéliser les collaborateurs méritants, et pourquoi pas les autres, pour attirer dans l’entreprise les talents extérieurs, pour entretenir l’intérêt, la fraîcheur, les idées neuves, aider l’entreprise à traverser les crises, les échecs, les coups durs, il faut donner envie !
Et pas seulement via la fiche de paie, laquelle n’est, de toutes façons, pas toujours suffisante ni à votre main…

Avez-vous remarqué comme un signe de reconnaissance positif de son N+1 peut redonner envie et cœur à l’ouvrage alors qu’un signe de reconnaissance négatif, non constructif, peut démotiver ?

Ne négligez pas l’impact de vos stimulis en tant que manager, ils ont plus de valeur que ceux de toute autre personne dans l’entreprise. Les signes de reconnaissance, cela prend juste un peu plus de temps ou d’attention mais cela devient vite une seconde nature, et surtout, c’est un cercle vertueux !

 

Anna Edery, souriez vous managez

Consultante, formatrice et coach, pour un management humaniste et créatif

Anna accompagne les hommes et les femmes de l’entreprise dans leur développement professionnel et personnel, pour révéler le meilleur d’eux-mêmes. Une approche centrée sur les valeurs, la créativité, et la pratique au service de la théorie, avec pour ambition d’allier efficacité professionnelle et humanisme en entreprise. Après 20 années en entreprise dans le domaine de la communication et du Marketing en agences de communication et en entreprises (Célio, Groupe Naf-Naf, Cofinoga, Egg Banking), Anna complète cette expérience par des formations spécialisées

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